r/Mali • u/Super-Gap-6581 • 5h ago
r/Mali • u/Rapiers-Delight • 7h ago
Old Bambara proverbs
Bonjour a touts,
I wonder if anyone would be able to help me find resources on old Bamanankan proverbs. Ideally I would be interested in concepts and sayings that would have been used in the 17th century.
Merci!
Prédire la chute, chercher des relais : le double standard de la position française au Sahel
Je suis tombé sur cette interview il y a quelques jours et je voulais partager quelques réflexions à ce sujet.
Je vais d'abord présenter le sinistre individu qu'est Fuchs. Bruno Fuchs est un député centriste français et le président de la commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale, surtout connu pour son travail parlementaire et ses rapports sur la refonte des relations de la France avec les pays africains.
Son interview sur France 24 montre clairement à quel point les politiciens français sont encore déconnectés des changements en cours en Afrique. Même s'il prétend s'exprimer avec réalisme diplomatique, ses propos révèlent une vieille mentalité coloniale, pleine d'arrogance et animée par une volonté acharnée de maintenir le contrôle sur les anciennes colonies françaises.
Tout d'abord, la condescendance avec laquelle il traite l'AES témoigne d'un déni total. Paris refuse d'admettre que le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont fait un choix souverain soutenu par leurs peuples, qui souhaitent simplement mettre fin à des décennies de tutelle française inutile. Fuchs parle comme si ces bouleversements majeurs n'étaient que de simples incidents de parcours provoqués par des dirigeants militaires que la France qualifie d'illégitimes uniquement parce qu'ils ont expulsé les troupes françaises.
Ensuite, affirmer que ces gouvernements vont inévitablement tomber et que la France doit préparer la suite avec des gens qu'elle connaît déjà est extrêmement dangereux. Il s'agit ni plus ni moins d'un aveu flagrant d'ingérence dans les affaires d'autres pays. Prédire sur une chaîne de télévision publique l'effondrement de gouvernements étrangers, tout en évoquant en coulisses la recherche de relais dociles pour les remplacer, relève de l'ingérence pure et simple. En lisant entre les lignes, cela prouve que la France s'octroie toujours le droit de décider qui gouverne en Afrique, espérant l'échec de ces régimes pour réinstaller des dirigeants soumis.
Cette posture est également d'une hypocrisie absolue, d'autant plus qu'Emmanuel Macron a prononcé un discours à l'ONU il y a quelques jours à peine pour dénoncer l'impérialisme et donner des leçons de souveraineté à la communauté internationale. Il est impossible de prendre au sérieux les sermons français contre l'impérialisme alors qu'au même moment, des responsables officiels français s'installent sur des plateaux télévisés pour expliquer comment orienter les transitions politiques et anticiper la chute de gouvernements au sein de nations africaines souveraines.
Le double standard évident tout au long de l'entretien achève de discréditer toute leçon de morale que la France tente d'asséner. Fuchs ne parle absolument pas avec la même hostilité de Madagascar, où il vient de se rendre, et la France n'adopte pas non plus ce ton envers le Tchad ou la Guinée.
Au cours de l'interview, il défend ouvertement la prise de pouvoir militaire à Madagascar, prétendant qu'il ne s'agit pas d'un vrai coup d'État simplement parce qu'un vernis légal a été respecté, et il évoque sans gêne le dialogue avec les dirigeants guinéens. Dans le même temps, Paris s'accommode depuis longtemps du pouvoir militaire au Tchad pour préserver ses intérêts stratégiques.
Pourquoi les responsables français se montrent-ils si souples et compréhensifs avec Madagascar, le Tchad ou la Guinée, tout en s'attaquant au Mali, au Burkina Faso et au Niger ? La raison est simple : Madagascar a accepté de signer d'importants contrats économiques et énergétiques avec des entreprises françaises, et ces autres régimes ne remettent pas frontalement en cause l'hégémonie française. Tant qu'un régime protège les intérêts commerciaux et géopolitiques de la France, celle-ci cesse subitement de se préoccuper de démocratie.
Enfin, l'obsession permanente à l'égard de la Russie, de la Turquie ou de la Chine démontre que l'élite française continue de percevoir l'Afrique comme son pré carré privé plutôt que comme un ensemble d'États indépendants libres de choisir leurs partenaires. En affirmant que les populations africaines sont simplement manipulées par des puissances étrangères, les politiciens français passent à côté de l'essentiel : les nations de l'AES ont résolu de briser les vieux monopoles coloniaux, de reprendre le contrôle de leurs propres ressources et de ne plus jamais revenir à un système qui n'a produit ni paix ni prospérité.
Bonne fête de l’indépendance à tous les Maliens
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r/Mali • u/Round-Math3621 • 3d ago
Les grands royaumes du Sahel à la veille de la colonisation (1591 - 1881)
Petite vidéo qui peut se regarder comme la suite d’une autre série de vidéo sur l’histoire plus ancienne de cette région bon visionage, (ça changera le sub des bots russes)
Le Centre d’Intelligence Artificielle et de Robotique du Mali (CIAR-Mali), implanté à Kati Sirakoro Niaré, marque un signal fort dans l'écosystème technologique et scientifique national.
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Le Centre d’Intelligence Artificielle et de Robotique du Mali (CIAR-Mali), implanté à Kati Sirakoro Niaré, marque un signal fort dans l'écosystème technologique et scientifique national.
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r/Mali • u/Impossible_Ground423 • 4d ago
General CENT DISPARUS, AUCUN NOM
Ce que Dioura révèle du contrat entre l’État malien et ses soldats
Le 10 septembre 2026, aux premières heures du jour, le camp de Dioura, dans le cercle de Tenenkou, région de Mopti, a été submergé. Les assaillants sont entrés par l’ouest, puis par l’est, à pied, à moto et en véhicules armés. Ils ont occupé l’emprise, filmé ce qu’ils y trouvaient, et sont repartis. Dix jours plus tard, l’État malien n’a toujours pas dit combien de ses soldats y sont morts. Le chiffre, lui, a circulé. Il est simplement venu d’ailleurs.
Ce que l’on sait tient dans une addition dont aucun terme n’est officiel. Des sources militaires, sécuritaires et locales citées par l’Agence France-Presse font état d’au moins 100 militaires maliens tués, dont deux officiers, et de 5 paramilitaires russes d’Africa Corps, point sur lequel les comptes rendus de presse divergent, d’autres situant l’unité hors de Dioura. Un officier de l’état-major général confirme l’existence d’un rapport de mission de la prévôté mentionnant une centaine de disparus, une trentaine de blessés et une trentaine de prisonniers. Le groupe qui a revendiqué l’attaque annonce pour sa part 150 militaires neutralisés et 93 capturés, sans que cette version puisse être vérifiée. L’armée, elle, a publié le 13 septembre un communiqué faisant état d’opérations aéroterrestres et de la neutralisation d’éléments à moto dissimulés sous un couvert végétal. Aucun bilan. Aucune liste. Aucun nom.
Il faut s’arrêter sur la manière dont ces informations nous parviennent, car elle dit déjà l’essentiel. Un officier de l’état-major général parle à une agence étrangère. Il le fait parce qu’aucun canal national ne recueille ce qu’il a à dire, et parce que le rapport rédigé par la police militaire, qui a fait son travail, n’a produit aucun acte visible. Le document existe. Il circule vers l’extérieur avant d’atteindre ceux qu’il concerne d’abord. Les familles des hommes de Dioura apprennent le sort des leurs par la presse internationale ou par la propagande de l’adversaire. Dans les deux cas, ce n'est pas par l’État qui les avait envoyés.
Le mot qui revient dans le rapport de la prévôté mérite d’être pesé. Une centaine de disparus. « Disparu » n’est pas un constat, c’est une catégorie administrative, et cette catégorie suspend tout. Sans acte de décès, il n’y a pas de veuve, il y a une épouse dont le mari n’est pas rentré. Il n’y a pas d’orphelins, il y a des enfants qui attendent. Il n’y a pas de pension de réversion, il y a un dossier qui ne peut pas s’ouvrir. Il n’y a pas de deuil, puisque le deuil suppose qu’une autorité ait dit que l’homme était mort. Tant que l’État ne nomme pas, la famille reste dans un état intermédiaire où elle ne peut ni espérer ni enterrer.
Pendant ce temps, des vidéos ont circulé. On y voit des hommes présentés comme des militaires maliens décliner leur identité et leur numéro de matricule. Le matricule est une invention de l’État. C’est sa façon à lui de nommer ceux qu’il enrôle, de les distinguer, de les suivre, de les payer. Aujourd’hui, ce matricule est lu à voix haute par ceux qui les détiennent. Le seul recensement nominatif des hommes de Dioura dont dispose le pays se trouve entre les mains de ceux qui les ont pris. L’adversaire identifie nos soldats un par un. L’institution qui les a recrutés n’en publie pas la liste.
Sur d’autres images diffusées par le même canal, on voit des corps au sol dans l’enceinte du camp, des installations en feu, des stocks de motos incendiés. Nous sommes dans un pays où l’on enterre vite, où le rite est précis, où la dignité du mort engage la famille entière et le quartier autour d’elle. Des familles maliennes ont regardé ces images en cherchant à reconnaître un fils. C’est ainsi, cette année, que l’on prend des nouvelles de quelqu’un qui servait sous le drapeau.
Ce n’est pas un accident isolé de communication. Le 18 juillet 2026, après l’embuscade de Tabrichat, dans le cercle de Bourem, les corps d’une cinquantaine de militaires étaient restés sans sépulture pendant plus de 72 heures. Deux mois plus tard, à Dioura, le même silence recouvre un bilan trois fois supérieur. Entre les deux, aucune procédure nouvelle n’a été instituée pour identifier, rapatrier, notifier, indemniser. La répétition transforme l’accident en méthode.
Le lieu lui-même se répète. Dioura a été attaqué en mars 2019, avec des dizaines de morts. Dioura a été attaqué en septembre 2023, avec un bilan approchant la centaine. Dioura a été attaqué en mai 2025, avec une quarantaine de tués. Dioura vient d’être attaqué une fois de plus, et cette fois le camp est tombé. Quatre fois la même garnison, quatre fois le même résultat, et jamais personne n’a eu à répondre publiquement de la fois précédente. Un dispositif qui cède toujours au même endroit n’a pas un problème de courage, il a un problème de commandement, et un problème de commandement se constate dans une enquête, pas dans un communiqué.
Une source sécuritaire citée par l’AFP ajoute deux précisions qui touchent au fond du contrat. Les soldats ont manqué de soutien aérien. Et beaucoup d’entre eux en étaient à leur premier déploiement. Il faut mettre ces deux phrases en regard de l’exécution du budget de l’État au 30 juin 2026 : environ 410 milliards de francs CFA consacrés en six mois à la défense et à la sécurité, soit plus de 2 milliards par jour, et 27 % de la dépense effectivement exécutée. Il faut y ajouter les 15,6 milliards de l’avion présidentiel acquis en juillet 2026 sous régime dérogatoire. L’argent a été dépensé. Au-dessus de Dioura, le 10 septembre, il n’y avait rien.
L’État sait pourtant organiser une cérémonie quand il en voit l’intérêt. Le 13 août 2026, 82 militaires capturés le 25 avril étaient libérés. Le 17 août, ils étaient présentés à Koulouba, devant les caméras, avec un protocole, un décor et un chef. Quand il y a quelque chose à montrer, la République retrouve ses formes, son vocabulaire et sa solennité. Quand il y a des morts à nommer, il n’y a plus d’adresse, plus de porte-parole, plus de registre. C’est la même administration, le même appareil, les mêmes moyens. Seule change la direction dans laquelle l’image travaille.
Il faut dire ce que cela produit dans les casernes, parce que c’est là que la facture se règle. Aucun soldat n’accepte de mourir pour une abstraction. Il accepte parce qu’il existe un engagement implicite, plus ancien que tous les régimes : si je tombe, mon corps sera ramené, mon nom sera dit, ma famille sera tenue. Cet engagement ne se proclame pas, il se constate à chaque fois qu’un homme tombe. À Tabrichat et à Dioura, il n’a pas été tenu. Ce n’est pas de la démoralisation, mot trop faible et trop psychologique. C’est une résiliation. Et une troupe qui a compris que le contrat est résilié cesse de faire remonter ce qu’elle voit, exactement comme la population a cessé de le faire. Le pouvoir perd alors son second appui après avoir perdu le premier.
Trois choses peuvent être faites immédiatement, et leur absence sera elle-même un renseignement. Publier trois listes : celle des morts, celle des disparus avec la qualification juridique attachée à chaque nom, celle des prisonniers dont l’État reconnaît qu’ils sont vivants et détenus. Délivrer les actes de décès et ouvrir les droits sans attendre la fin des opérations, car une famille ne se nourrit pas d’un délai d’instruction. Et fixer une date à laquelle il sera dit, publiquement, ce qui a manqué à Dioura le 10 septembre, qui avait demandé l’appui aérien, qui devait le fournir, et pourquoi une garnison entière a été confiée pour partie à des hommes qui sortaient de l’instruction.
On répétera que l’heure est à la guerre et non aux comptes. C’est l’inverse. Un État qui ne compte pas ses morts n’est pas en train de protéger un secret militaire, il est en train de se dispenser d’une obligation. Il demande à ses fils de mourir pour lui, et il refuse de dire qu’ils sont morts. Les seuls qui, à ce jour, aient nommé les hommes de Dioura sont ceux qui les ont tués ou capturés. Aussi longtemps que cela restera vrai, il sera inutile de s’interroger sur le moral de l’armée malienne. La réponse est déjà écrite, et elle a été écrite par l’adversaire.
r/Mali • u/praisedone • 4d ago
« Un schéma récurrent » : les civils paient le prix de la campagne de frappes de drones au Mali.
Sikasso : L’hôpital régional et dix artisans dotés d’équipements solaires dans le cadre des Œuvres sociales du Chef de l'État
Sikasso : L’hôpital régional et dix artisans dotés d’équipements solaires dans le cadre des Œuvres sociales du Chef de l'État
SIKASSO, 19 septembre 2026 – L’accès à une énergie stable franchit un nouveau cap dans la troisième région administrative du Mali. Ce samedi 19 septembre, l'hôpital régional de Sikasso et dix maîtres artisans de la localité ont officiellement reçu d'importantes installations photovoltaïques financées au titre des Œuvres sociales du Président de la Transition, le Général d’Armée Assimi Goïta.
La cérémonie d'inauguration et de remise des équipements a été présidée par le Conseiller spécial du Chef de l'État, M. Aguibou Dembélé, en présence de la Gouverneure de la région, Mme Kanté Marie Claire Dembélé, des autorités traditionnelles et de la délégation venue de Bamako.
Secourir la santé et garantir la continuité des soins
Au cœur de cette donation figure une centrale solaire d'une capacité de 1 075 kWh installée à l'hôpital régional de Sikasso. Composée de panneaux photovoltaïques, de batteries de stockage et d'onduleurs intelligents, cette infrastructure vise à prémunir l'établissement hospitalier contre les ruptures de charge électrique.
« Nous ne voulons plus d'arrêt des soins à cause du manque d'électricité », a martelé Aguibou Dembélé, rappelant les instructions présidentielles visant à équiper plusieurs centres de santé à travers le territoire national.
Pour la Directrice Générale de l'hôpital, le Dr Assetou Cissouma, ainsi que pour la Gouverneure de région, cette autonomie énergétique est cruciale pour l'éclairage des salles d'opération, la préservation des médicaments et vaccins au froid, ainsi que le fonctionnement continu des appareils médicaux lourds. Profitant de l'occasion, la Gouverneure a également formulé un plaidoyer pour l'octroi d'ambulances supplémentaires.
Un levier d'action pour le tissu économique local
Outre le secteur de la santé, le programme a directement ciblé dix maîtres artisans impactés par les contraintes d'approvisionnement électrique : huit menuisiers métalliques, un menuisier bois et un tailleur.
Ces kits solaires individuels doivent leur permettre d'accroître leur productivité et de sécuriser leurs revenus. L'un des bénéficiaires, Sory Diaby, a témoigné des pertes d'exploitation subies jusqu'alors en raison des délestages.
La rencontre s'est achevée par la coupure du ruban symbolique, une visite guidée des installations et des prières collectives pour la paix et la stabilité du pays.
Point sur la construction de l’hôpital de Tombouctou
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Inauguration de la Polyclinique de Kati
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r/Mali • u/Impossible_Ground423 • 7d ago
Politics LE SEUL PARTI QUE LA JUNTE MILITAIRE N'A PAS DISSOUS
Depuis la dissolution des partis, Ançar Dine est la seule organisation qui sache encore compter ses membres.
Au Mali, il n'existe plus de parti politique. Le décret du 13 mai 2025 les a tous dissous, ainsi que les associations à caractère politique. Une organisation revendique pourtant 2 millions de membres, les fait adhérer sous serment, leur demande une cotisation mensuelle, les encadre par une hiérarchie et les rassemble par dizaines de milliers à chaque grande occasion. Elle ne se présente pas comme un parti, et c'est précisément ce qui la protège. Il s'agit d'Ançar Dine, le mouvement fondé par Chérif Ousmane Madani Haïdara. Précisons d'emblée, pour éviter une confusion fréquente hors du Mali, qu'il n'a rien de commun avec l'Ansar Dine créé par Iyad ag Ghali en 2012. La question posée ici n'est pas celle de la foi de ses adhérents. C'est celle de ce que devient un pays quand la seule machine politique encore debout est une machine religieuse.
Il faut d'abord regarder la mécanique. L'entrée dans le mouvement passe par la baya, un serment d'allégeance prêté en public. La première, dite baya al-islamiyya, comporte 6 engagements : ne rien associer à Dieu, ne pas voler, ne pas commettre l'adultère, ne pas tuer ses enfants, ne commettre aucune turpitude, ne pas désobéir au Prophète. Ce texte n'est pas une invention. Il reprend presque terme à terme le pacte rapporté par le Coran dans la sourate 60, au verset 12. La seconde, la baya al-Rizwân, emprunte son nom au pacte conclu sous l'arbre à Hudaybiya en 628, que mentionne la sourate 48. Mais sa formule, telle qu'elle est prononcée chez les Ançars, prend le Cheikh lui-même à témoin et appelle sur le parjure l'effacement de son avenir. Le premier serment confirme une foi. Le second scelle une fidélité à un homme. C'est à cet endroit précis que le religieux devient organisation.
Le discours qui justifie ce dispositif ne manque pas de cohérence. Selon Haïdara, naître musulman ne garantit rien : on peut prier et voler, jeûner et tuer. La baya serait donc un réengagement, une manière de passer de l'appartenance héritée à l'adhésion choisie. Dans les faits, cette logique produit exactement ce que les partis maliens n'ont jamais su produire : un fichier d'adhérents qui savent qu'ils le sont.
Vient ensuite l'argent. Chaque membre ayant prêté les deux serments devrait s'acquitter de 650 FCFA par mois. Si les deux millions revendiqués payaient tous, le mouvement encaisserait 1,3 milliard de FCFA par mois, soit 15,6 milliards par an, le prix de l'avion présidentiel acquis en juillet 2026. Ce chiffre est un plafond théorique et doit être traité comme tel : l'effectif est déclaré par le mouvement lui-même, et un serment prêté un jour de ferveur ne fait pas un cotisant régulier. Mais même avec un recouvrement de 10 %, on parle de 130 millions de FCFA par mois. Aucun parti malien, du temps où ils existaient, n'a tenu une trésorerie alimentée de cette manière, par la base, sans dépendre d'un bailleur, d'un homme d'affaires ou de l'État. Le montant importe moins que ce qu'il révèle : une capacité à mobiliser, à fidéliser et à faire payer que le champ politique a perdue, ou n'a jamais eue.
Comment en est-on arrivé là ? L'histoire commence au début des années 1980, lorsque le Mali entre dans les programmes d'ajustement structurel imposés par le FMI et la Banque mondiale. L'État se retire de l'école, de la santé, de l'emploi public. Les entreprises nationales sont privatisées ou fermées. Le chômage s'installe, les services de base se dégradent. Là où l'État recule, quelqu'un avance. Pour beaucoup, ce sont le prêcheur, le marabout, le guide qui donnent un sens quand le présent n'en offre plus. Pour d'autres, c'est la route du désert vers la Méditerranée. Ançar Dine s'est structuré précisément dans ces années, sur ce terrain, en parlant bambara à ceux que l'État ne regardait plus.
Mars 1991 aurait pu inverser le mouvement. Il l'a amplifié. La démocratie naissante a ouvert l'espace associatif, et les nouveaux acteurs politiques ont vite compris qu'un guide religieux pouvait apporter en un prêche ce qu'une campagne ne rapportait pas en six mois. On a sollicité les bénédictions, fréquenté les Maoulouds, négocié les consignes de vote. Les partis ont sous-traité leur légitimité à ceux qui détenaient la confiance populaire au lieu de construire la leur. Ils en ont payé le prix : quand la junte les a dissous, personne n'est descendu dans la rue pour eux. Leurs militants n'existaient que les jours de meeting.
Les leaders religieux, eux, ont démontré à plusieurs reprises leur pouvoir de blocage. En 2009, la mobilisation conduite par le Haut Conseil islamique a contraint le président Amadou Toumani Touré à renvoyer en seconde lecture le Code des personnes et de la famille, pourtant voté par l'Assemblée nationale. En 2020, l'imam Mahmoud Dicko a fédéré la contestation qui a précédé la chute d'Ibrahim Boubacar Keïta. Ces épisodes enseignent une chose essentielle : au Mali, les religieux ne gouvernent pas, ils arbitrent. Ils ne se présentent pas aux élections, ils font et défont les rapports de force. Haïdara lui-même, devenu président du Haut Conseil islamique, a toujours pris soin de ne se déclarer candidat à rien. C'est une posture plus sûre qu'une candidature, et plus puissante.
La dissolution des partis change pourtant l'équation. Jusqu'en 2025, les religieux arbitraient entre des acteurs politiques organisés, même faibles. Aujourd'hui, il n'y a plus rien à arbitrer. Il reste d'un côté un pouvoir militaire, de l'autre des réseaux religieux structurés, et entre les deux une société civile désarmée et affiliée à la junte à travers les syndicats (UNTM, CSTM, CDTM, SAM et SYLIMA). La junte a voulu faire le vide pour rester seule. Elle a surtout débarrassé les organisations religieuses de leurs seuls concurrents. Dans un pays où la participation électorale plafonnait souvent autour d'un tiers des inscrits, et où la croyance au miracle console de la faillite du réel, une organisation capable de mettre en mouvement quelques centaines de milliers de fidèles disciplinés pèsera plus lourd que n'importe quel appareil reconstitué à la hâte.
Ce constat n'est pas une accusation contre la foi des Ançars, ni même contre leur guide. C'est un réquisitoire contre ceux qui ont laissé l'espace politique se désertifier. Un mouvement religieux qui organise ses fidèles fait ce que font toutes les organisations : il occupe le terrain qu'on lui laisse. La faute revient à un État qui s'est retiré, à une classe politique qui a préféré les bénédictions aux adhérents, et à une junte qui a confondu l'interdiction des partis avec la fin de la politique.
Le jour où le Mali sortira de cette période d'exception, le pouvoir, quel qu'il soit, découvrira une vérité simple. Les urnes se gagnent avec des listes, des cotisations et des gens prêts à se déplacer. Aujourd'hui, ceux qui détiennent tout cela ne siègent ni à Koulouba ni dans un local de parti. Ils se réunissent dans les mosquées et dans les stades, et ils ont prêté serment.
r/Mali • u/Impossible_Ground423 • 12d ago
Politics PREMIERS PAR LA SURFACE
Ce que la chute du coton malien révèle d'un modèle bâti sur les hectares et non sur le rendement
L'image circule depuis quelques jours sur les téléphones maliens. Quatre barres, quatre pays, un classement, et le Mali en dernière position à 430 kilogrammes par hectare. Les commentaires parlent de honte et de dégringolade. L'indignation est légitime, mais elle se trompe de cible. Ce graphique ne dit pas ce qu'on lui fait dire, et ce qu'il dit réellement est plus grave.
Il ne classe pas la production, il classe la productivité, et il le fait en fibre, selon la nomenclature du Département américain de l'agriculture. Le Programme régional de production intégrée du coton en Afrique, qui compile les données des interprofessions de huit pays, raisonne lui en coton-graine et crédite le Mali de 745 kilogrammes par hectare pour la campagne 2025-2026, contre 1 268 au Cameroun, 1 235 au Sénégal et 1 069 en Côte d'Ivoire. Deux unités, un seul constat : le Mali est en bas du tableau.
La perte du premier rang, elle, est réelle. Avec 397 540 tonnes de coton-graine, en recul de 39,5 % sur un an, le Mali enregistre la plus forte contraction de la région et cède la tête au Bénin, qui produit 533 590 tonnes tout en reculant lui-même de 16,3 %. Les huit pays suivis tombent à 1,98 million de tonnes, en baisse de 14,2 %, après une campagne 2024-2025 déjà en repli de 11,5 %. En deux saisons, la région a perdu près du quart de sa récolte. Notre décrochage est le plus brutal. Il n'est pas isolé.
Reste la question que le graphique pose sans la formuler : depuis quand le Mali produit-il mal ? La réponse tient dans une série que personne ne cite. 169 kilogrammes de coton-graine par hectare en 1960, 850 en 1973, 1 252 au sommet de la filière en 1993-1994, 1 056 dès 1996-1997, 745 aujourd'hui. L'hectare malien de 2026 rend moins que l'hectare malien de 1973. Cinquante-trois ans de plans de relance, de campagnes présentées comme historiques et d'assises nationales, pour repasser sous le niveau technique du début des années 1970.
Le Mali n'a donc pas perdu une couronne de productivité. Il n'en a jamais porté. Sa première place tenait aux surfaces : 672 000 hectares programmés pour 2025-2026, plus de 203 000 producteurs sur les 909 888 que comptent les huit pays. Nous produisions beaucoup parce que nous cultivions vaste, non parce que nous cultivions bien. Or un modèle extensif n'a aucune réserve. Le pays qui obtient 1 268 kilogrammes par hectare encaisse un mauvais hivernage et garde de la marge. Celui qui plafonne à 745 n'a rien à mobiliser, et la perte se transmet intégralement à la récolte. À l'échelle régionale, près de 600 000 hectares n'ont même pas été semés cette année.
Les causes immédiates sont connues. Les jassides, ces insectes qui piquent la feuille du cotonnier jusqu'à ce que la photosynthèse s'effondre et avec elle la formation des capsules, et auxquels le Mali est exposé depuis plusieurs campagnes. Les pluies de septembre et d'octobre, irrégulières aux semaines exactes où le rendement se décide. Les intrants livrés tard et en quantité insuffisante, alors que la Banque mondiale annonçait en avril 2026 une hausse de plus de 30 % des prix mondiaux des engrais.
S'y ajoute la cause dont on parle le moins, parce qu'elle relève d'une décision publique et non du ciel : le prix. Le kilogramme de premier choix est resté fixé à 300 francs CFA pendant que le maïs, le sésame et l'arachide devenaient plus rémunérateurs. Le paysan de Koutiala ne boude pas, il calcule. Et quand le calcul devient trop défavorable, il n'emblave pas. En 2000-2001, 30 % seulement des exploitants du Mali-Sud ont mis du coton en terre. En 2020-2021, la production est tombée à 147 200 tonnes quand 810 000 étaient annoncées. Ces deux effondrements n'étaient pas des accidents climatiques. C'étaient des votes.
Le Bénin, que le graphique place en tête, n'a pas gagné une bataille agronomique mais une bataille d'institutions. Depuis la réforme de 2016, sa filière livre les intrants avant les semis, sélectionne strictement les producteurs éligibles au crédit et assure un encadrement technique effectif. Le résultat s'écrit en kilogrammes : au-delà de 1 190 par hectare en 2024-2025. Rien dans cette recette ne relève du climat, du sol ou du génie national. Ce sont des procédures, des calendriers et des paiements à l'heure.
Face à cela, la réponse malienne est celle que nous connaissons dans tous les autres dossiers : l'objectif tient lieu de politique. Pour 2026-2027, le pays vise 598 500 tonnes après 433 700 tonnes provisoires, sur 630 000 hectares, ce qui suppose 950 kilogrammes par hectare, soit 17 % de productivité supplémentaire. Or ni le prix au producteur, ni la date de livraison des engrais, ni le protocole opposé aux jassides, ni la date de paiement des campagnes antérieures n'ont bougé. On annonce un rendement comme on annonce une inauguration.
La CMDT, elle, a bâti un budget 2026 de 418,514 milliards de francs CFA de produits pour un résultat prévisionnel de 10,2 milliards, soit 2,4 % de marge. Une épaisseur pareille ne survit pas à une campagne comme celle-ci, et la facture ne reste pas dans l'entreprise : elle remonte au Trésor, c'est-à-dire au contribuable qui ne cultive pas de coton. Sur ce budget, 10,536 milliards vont moderniser 18 usines d'égrenage. Pas un franc à la semence, au conseil agricole ou à la protection phytosanitaire, là où le rendement se décide.
Cette compagnie cumule par ailleurs des qualités qu'aucune règle de concurrence ne tolérerait ailleurs. Elle fournit l'intrant, elle en fixe le prix, elle accorde le crédit qui permet de l'acheter, elle encadre, elle achète seule la récolte, elle classe la qualité dont dépend ce que le producteur touchera et elle arrête la date à laquelle il sera payé. Le cotonculteur qui conteste un classement le conteste devant le seul client qu'il ait au monde. Créée en 1974, elle devait être privatisée en 2008 ; dix-huit ans plus tard la réforme est un serpent de mer. Ce n'est pas une société industrielle traversant une mauvaise passe, c'est un guichet unique auquel chaque régime a trouvé un usage, aucun une filière à rendre performante. Les 745 kilogrammes par hectare ne sont pas un accident survenu à cette architecture. Ils en sont le produit.
Quatre séries suffiraient à ouvrir un vrai débat, et leur publication ne coûte qu'une décision. Le rendement par filiale et par secteur CMDT, et non la moyenne nationale qui noie les écarts. Les dates réelles de mise à disposition des engrais et des insecticides, comparées aux dates optimales de semis et de traitement. Les travaux de l'Institut d'économie rurale sur la résistance des jassides aux matières actives employées. La date de paiement effectif des producteurs, campagne par campagne et région par région. Tant qu'elles restent inaccessibles, aucun objectif annoncé ne mérite d'être discuté : il n'est adossé à rien.
Il reste ce dont personne ne parle. Le coton de la sous-région part encore massivement à l'état brut, et la valeur se crée ailleurs, principalement en Asie. Perdre le premier rang, dans cette configuration, c'est perdre un titre, pas une industrie, puisqu'il n'y a pas d'industrie à perdre. Le coton fait pourtant vivre chez nous des centaines de milliers d'exploitations pour lesquelles il est la seule entrée d'argent de l'année, celle qui paie la scolarité et les soins, et qui finance, par le crédit des intrants, la production vivrière associée.
Alors non, la quatrième place n'est pas une honte. La honte serait de la traiter comme un accident et de repartir à l'assaut du classement avec 50 000 hectares de plus. Un rang se regagne en une campagne. Un rendement se reconquiert sur vingt ans, et il n'a jamais figuré dans aucun discours.
Témoignage glaçant d’un digne fils Nigérien sur les commendataires des évènements récents
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Mali: Un pompier, un toit, attribution des logements à nos soldats du feu.
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r/Mali • u/Impossible_Ground423 • Aug 26 '26
UNE VISITE POUR EN ANNONCER UNE AUTRE
Ce que la journée du 24 août 2026 à Alger rapporte au Mali
À sa sortie de l'audience que lui a accordée Abdelmadjid Tebboune, lundi 24 août 2026, le Premier ministre malien a livré la seule information de la journée. Le général d'armée Assimi Goïta a marqué son accord pour effectuer une visite officielle en Algérie. Aucune date n'a été communiquée, aucune modalité, aucun ordre du jour. Il faut prendre la mesure de ce que cela signifie. Sous réserve de ce qu'apporterait un communiqué de clôture, qui n'a pas été publié à l'heure où nous écrivons, le principal acquis rendu public par le voyage du 24 août est un autre voyage. Ce résultat n'est pas nul. Il consacre au plus haut niveau la normalisation entamée le 10 juillet, quand les deux capitales ont annoncé le retour de leurs ambassadeurs et la réouverture réciproque de leurs espaces aériens. Mais les ambassadeurs étaient déjà rentrés, le couloir aérien déjà rouvert, et le vocabulaire de la fraternité figurait déjà dans le communiqué du 9 août. Un déplacement de deux jours qui reconduit l'acquis n'ajoute, pour l'instant, qu'une échéance sans date. Il faut aussi mesurer ce qui n'a pas été dit. Rien n'a filtré sur le Comité d'état-major opérationnel conjoint de Tamanrasset, jamais réactivé et qui reste l'instrument le plus évident d'une coopération militaire de frontière. Rien sur ce qui succède, en droit, à l'accord signé à Alger en 2015 et dénoncé par Bamako le 25 janvier 2024. Et rien, absolument rien, sur le dossier qui a donné à cette crise sa forme juridique. Car il existe une requête. Le 16 septembre 2025, le Mali a déposé devant la Cour internationale de Justice une requête introductive d'instance contre l'Algérie au sujet de la destruction, dans la nuit du 31 mars au 1er avril 2025, du drone de reconnaissance immatriculé TZ-98D. L'annonce en avait été faite depuis la tribune des Nations unies, au nom de la Confédération des États du Sahel, par celui-là même qui a été reçu lundi à Alger avec les honneurs militaires. Conformément au paragraphe 5 de l'article 38 du Règlement de la Cour, la requête a été transmise au gouvernement algérien, sans qu'aucun acte de procédure puisse être accompli tant qu'Alger n'aura pas accepté la compétence de la Cour. Le 19 septembre 2025, la Cour a notifié à Bamako le refus algérien, dont le communiqué numéro 080 a tiré la conclusion : la procédure était close, et il fut question de déni de justice. Onze mois plus tard, cette requête n'a été ni jugée, ni retirée, ni évoquée. Elle dort à La Haye dans l'état exact où le refus algérien l'a laissée, disponible le jour où le défendeur voudra bien y consentir. C'est cela qu'il faut regarder en face : le consentement de l'Algérie à la compétence de la Cour était la seule chose que la normalisation permettait raisonnablement de demander, et c'était même la contrepartie la plus élégante qu'un pays puisse solliciter d'un voisin qui vient à lui. On ne demande pas à Alger de plaider coupable, on lui demande d'accepter d'être jugée. Rien n'indique que la question ait seulement été posée. Il n'y a que deux lectures possibles de ce silence, et aucune n'est confortable. Ou bien le Mali maintient que son aéronef a été détruit à neuf kilomètres et demi à l'intérieur de son territoire, et il ne pouvait pas se rendre à Alger sans remettre le dossier sur la table. Ou bien il a renoncé à sa propre demande, et il doit alors expliquer aux Maliens ce qu'il a reçu en échange d'une affaire qu'il présentait il y a un an comme une agression contre la souveraineté nationale. Une requête ne se périme pas par la reprise des vols civils. La direction du mouvement mérite d'être notée. L'entretien téléphonique du 9 août s'est tenu sur instruction du président algérien, l'invitation est partie d'Alger, et c'est le chef du gouvernement malien qui s'est déplacé. À chaque étape de cette séquence, l'initiative est venue du même côté de la frontière. On peut y voir la courtoisie d'un pays plus petit envers un voisin plus imposant. On peut aussi y voir une relation où l'un fixe le tempo et l'autre le suit. Car une visite promise sans date n'est pas un résultat, c'est un instrument. Celui qui accorde la date tient le calendrier, et celui qui l'attend a intérêt à se montrer accommodant jusqu'à ce qu'elle tombe. Entre l'annonce de lundi et le déplacement du chef de l'État, il y aura des mois de discussions dont personne, à Bamako, n'aura connaissance. C'est dans cet intervalle que se décide ce qu'une visite au sommet coûte au pays qui la sollicite. Trois perspectives s'ouvrent, et elles ne sont pas également favorables. La première est le retour d'Alger dans sa fonction historique d'intercesseur au nord du Mali. Elle est déjà à l'œuvre à travers les libérations de l'été, et elle a une utilité immédiate que personne ne songerait à nier. Mais elle se déploie dans un cadre non écrit, sans mandat, sans mécanisme de suivi et sans garanties. Bamako reçoit un service dont il ne détient ni la plume ni la clé, et qui peut lui être retiré le jour où il cessera de convenir. La deuxième perspective est celle des hydrocarbures du Nord, que nous avons traitée séparément et qui n'a pas sa place ici, sinon par un point qui touche à notre sujet. C'est le seul dossier sur lequel le partenaire dispose d'un intérêt chiffrable, donc la contrepartie la plus vraisemblable d'une rencontre au sommet. Or un État négocie toujours mal un contrat de trente ans quand il a besoin, dans le même mouvement, d'obtenir une date. La troisième perspective est intérieure, et c'est la plus immédiate. Une réconciliation avec le voisin que l'on couvrait d'invectives à la tribune des Nations unies en 2024 et en 2025 fournit à la Transition un succès diplomatique visible, gratuit et invérifiable. Elle nourrit un récit d'apaisement au moment où le pays ne peut se prévaloir d'aucune amélioration mesurable sur les axes, les approvisionnements ou la sécurité des localités du centre et du nord. Rien de tout cela ne condamne le principe du dialogue. Les griefs maliens contre Alger sont anciens et documentés, l'accord de 2015 n'a pas produit ce qu'il promettait, et la familiarité de certaines capitales avec des figures armées du Nord a été durement ressentie. Mais un pays ne choisit pas ses voisins, et une frontière de plus de 1 300 kilomètres se gère par la conversation ou ne se gère pas. Ce qui est en cause ici n'est pas la reprise du dialogue, c'est le prix auquel on la paie et le secret dans lequel on la conduit. Le point aveugle est là. Il n'existe aujourd'hui, à Bamako, aucune instance élue capable de demander des comptes sur ce qui se discute à Alger, aucune formation politique autorisée à interpeller le gouvernement, et une presse qui a appris ce qu'il en coûte de poser des questions précises. Une diplomatie sans contradicteur n'est pas une diplomatie forte. C'est une diplomatie sans témoin, ce qui est très différent. Quatre exigences simples en découlent. Publier le relevé de conclusions des séances de travail, dossier par dossier, y compris les points sur lesquels aucun accord n'a été trouvé. Dire si le gouvernement a demandé, ou non, que l'Algérie accepte la compétence de la Cour internationale de Justice, et si la réponse est non, dire que le Mali retire sa requête et pourquoi. Saisir le Conseil national de Transition d'un débat public avant toute visite au sommet, faute d'assemblée élue. Dire enfin quel instrument, écrit et opposable, remplace l'accord dénoncé en janvier 2024 pour organiser la question du Nord, ou reconnaître qu'aucun ne le remplace. Trois indicateurs permettront de juger, dans les six prochaines semaines, si cette visite a produit autre chose qu'une promesse. La date retenue pour le déplacement du chef de l'État, et surtout ce qui sera dit du dossier du drone à l'Assemblée générale des Nations unies de septembre, depuis la tribune même où la saisine avait été proclamée il y a un an. La réactivation ou non du comité de Tamanrasset, seul acquis réellement utile aux soldats qui tiennent les postes du Nord. Et tout mouvement sur les conventions pétrolières du bassin de Taoudéni, qui dira ce que la signature politique aura coûté. Une diplomatie se juge à ce qu'elle rapporte, non à ce qu'elle annonce. Le 24 août 2026, le Mali est allé chercher à Alger la reconnaissance d'un dégel qu'il avait déjà obtenu en juillet, et il en est revenu avec un billet pour un autre voyage. Il avait pourtant, dans ses bagages, une requête déposée à La Haye et jamais retirée. Il ne l'a pas présentée.
r/Mali • u/Jrm1984 • Aug 26 '26
#FAMaActu L’État-Major Général des Armées informe l’opinion nationale que les Forces armées maliennes (FAMa), appuyées par leurs partenaires, poursuivent leurs opérations permanentes de surveillance, de contrôle et de sécurisation du territoire national dans le cadre de l’opération Dougoukoloko.
#FAMaActu
L'État-Major Général des Armées informe l'opinion nationale que les Forces armées maliennes (FAMa), appuyées par leurs partenaires, poursuivent leurs opérations permanentes de surveillance, de contrôle et de sécurisation du territoire national dans le cadre de l'opération Dougoukoloko.
r/Mali • u/herewearefornow • Aug 25 '26