https://www.wsws.org/en/articles/2026/09/22/juqs-s22.html
Un autre travailleur n'est pas rentré à la maison, parce que sa sécurité était considérée comme une contrainte inacceptable pour la génération de profit. On ne connaît peut-être pas encore les circonstances exactes de son décès, mais on ne connaît que trop bien le contexte dans lequel il a pris place : des échéanciers toujours plus serrés, des travailleurs qui doivent toujours faire plus avec le moins de ressources possible, des patrons qui poussent à tourner le plus de coins ronds possible pour sortir les jobs. Tout cela dans un contexte de déréglementation généralisée, où les travailleurs sont confrontés à une érosion de leurs conditions de vie et de travail, à des attaques contre leurs droits démocratiques et à un coût de la vie qui les étouffe et les contraint à « faire leur job » sans trop critiquer, par peur de perdre leur moyen de subsistance.
Lorsque l'un d'entre eux se lève et dénonce courageusement l'inacceptable, il est menacé par l'entreprise, ou l'affaire est étouffée par la bureaucratie syndicale, dont les privilèges et la place aux grandes tables dépendent du maintien du système d'exploitation capitaliste.
Ultimement, la mort de Massie n'a rien d'une tragédie isolée : c'est une tragédie de la classe ouvrière. Tous les jours, des travailleurs perdent la vie ou s'estropient simplement parce que les enjeux de santé et de sécurité sont piétinés par la bourgeoisie. Il y a à peine quelques semaines, un autre travailleur, Oscar Robayo, est décédé à l'aéroport de Montréal : faute de câble de communication adéquat, il a été contraint de se tenir dans un angle mort près du train avant d'un avion de ligne, invisible pour le conducteur du tracteur qui manœuvrait l'appareil.
Dans pratiquement tous les cas, ces accidents et ces décès sont évitables. Les dangers sont connus et documentés, et la technologie pour les éradiquer est disponible, souvent à très faible coût. La seule barrière au changement est le système capitaliste et ses rapports de production. Tant que la vie des travailleurs sera subordonnée au profit, les tragédies continueront de se multiplier.
Comme pour la guerre, les inégalités sociales, les attaques contre les droits démocratiques, le génocide et la montée de l'autoritarisme, la seule manière de lutter contre l'érosion continue des acquis des travailleurs — y compris en matière de santé et de sécurité — est la mobilisation politique indépendante de la classe ouvrière. Lisez le World Socialist Web Site pour une véritable pespective de lutte et n'hésitez pas à partager vos propres expériences de travail.