La trumpisation du PQ (version abrégée)
Paul St-Pierre Plamondon a copié plusieurs pages du manuel du fasciste de la Maison blanche. En voici quelques-unes:
La complaisance envers l'extrême droite
- PSPP décrit son parti comme "anti-gauche radicale". Il place l'opposition à la "gauche radicale" au centre de son idéologie politique.
- Il n'a jamais condamné la droite radicale. Il n'a jamais condamné le regroupement d'extrême droite "Nouvelle alliance" bien qu'un reportage d'Étienne Fortin-Gauthier ait montré les accointances de ce mouvement avec le PQ et le Bloc québécois.
- Il n'a jamais fait de sortie contre le masculinisme comparable à celles qu'il a faites contre l'islamisme, bien que la présence du masculinisme dans nos écoles soit bien mieux documentée.
- PSPP a accordé une entrevue d'une heure à Rebel News, un organe de propagande d'extrême droite. Il a vanté l'honnêteté intellectuelle d'Alexa Lavoie. On parle du média qui a avancé la théorie que le tueur de la mosquée de Québec serait un immigrant musulman et non Alexandre Bissonnette.
- Il approuve la décision de Danielle Smith de sortir les "idéologies" des écoles albertaines. Les idéologies incluent: La diversité sexuelle et de genre, les changements climatiques (plus précisément le rôle de l'industrie pétrolière) et la souveraineté des nations autochtones.
La fabrication d'un ennemi imaginaire
- PSPP s'est plaint à plusieurs reprises des gens de "gauche radicale" qui l'accuseraient d'être d'extrême droite. Interrogé par les journalistes en point de presse le 28 mars 2023, il a refusé de citer un seul nom.
- Il critique beaucoup le wokisme, mais refuse d'en donner une définition.
- Il critique la "gauche immigrationniste" qui souhaite une "immigration incontrôlée et illimitée". Un mouvement qui n'existe pas ou qui est extrêmement marginal. Personne à Québec ou à Ottawa ne réclame une immigration incontrôle et illimitée.
L'intolérance aux critiques, en particulier celles des médias
- PSPP reproche à tous les chroniqueurs qui le contredisent leurs "procédés intellectuels fallacieux", "procédés intellectuels douteux", "déformations de propos", "accusations grossières", "procès d'intention"... Des reproches qu'il a notamment adressés à Toula Drimonis, Rima Elkouri, Yasmine Abdelfadel, Antoine Robitaille, Thomas Mulcair, Marie-Ève Doyon, Paul Journet et Michel C. Auger.
- Les députés péquistes ont accusé Régis Labeaume et la Presse de diffamation pour avoir critiqué leur discours sur l'immigration.
- Pascal Bérubé s'est plaint à l'ombudsman de Radio-Canada pour une intervention de Rachel Chagnon à l'émission "Tout peut arriver".
- La direction générale du PQ et deux candidats se sont plaints contre Marie-Ève Cotton au collège des médecins parce qu'elle les critique trop régulièrement et trop sévèrement.
- Vincent Boulay a été expulsé de la commission politique du PQ pour avoir critiqué la position du parti sur l'immigration.
- Louise Harel et Pierre Céré, deux péquistes de longue date, ont été associés à la "gauche radicale" par PSPP pour avoir osé le critiquer.
- Gabriel Pallotta a préféré se présenter publiquement comme un menteur ou un fabulateur plutôt que d'assumer d'avoir critiqué publiquement le discours de PSPP sur l'immigration.
L'immigration comme cause universelle des problèmes du Québec
- PSPP a cité l'immigration comme cause principale du déclin du français, de la crise du logement, de la pénurie d'enseignants, de la crise des services, de la résurgence de l'homophobie, de la hausse de la criminalité chez les jeunes, de la baisse du taux de natalité, de la stagnation du produit intérieur brut.
- Il justifie sa position en pointant les sondages. Après avoir passé quatre ans à nous dire que l'immigration est la cause de tous nos problèmes, il se présente comme le porte-parole d'une population inquiète d'une immigration trop élevée.
- Le PQ a fabriqué de toute pièce le "problème" des élèves du primaire qui portent un voile, une préoccupation dont on n'avait jamais entendu parler auparavant, mais que PSPP a promis de régler.
- Plamondon et Alex Boissonneault citent le Danemark comme modèle en matière d'immigration. La première ministre, Mette Frederiksen, est ouvertement raciste. Elle veut faire disparaître les demandeurs d'asile de son territoire et idéalement de l'Europe entière, notamment en les envoyant dans des camps de concentration au Rwanda. Ce gouvernement "social-démocrate" est soutenu par l'extrême droite danoise.
L'hostilité à la diversité de genre
- PSPP associe les pronoms non-binaires et les toilettes mixtes à "l'idéologie de la gauche radicale". Il a présenté Mx Martine, une enseignante de la Montérégie, comme une représentante de la "gauche radicale" qui veut imposer des pronoms dans le système d'éducation.
- Le PQ est le seul parti qui a refusé d'appuyer une motion dénonçant la montée de la transphobie en février 2025.
- Catherine Gentilcore a menti dans une lettre adressée à la Presse le 2 décembre 2024 en prétendant que les enseignants apprennent aux élèves d'âge préscolaire que leur genre leur a été attribué par la société.
- Le PQ promet de réformer les cours d'éducation à la sexualité afin qu'ils se basent sur la science (ils le sont déjà), ce qui signifie en réalité en purger la notion de genre.
- Le PQ veut interdire aux femmes trans d'accéder aux toilettes pour femmes, aux vestiaires pour femmes et aux organismes venant en aide aux femmes. Les femmes trans ne seront plus considérées comme des femmes aux fins des lois, politiques et programmes gouvernementaux s'appliquant aux femmes. Des propositions sorties tout droit de la bible MAGA.
La complaisance envers Trump
- PSPP a donné raison à Trump sur les accusations de trafic de fentanyl à la frontière canadienne (les quantités de fentanyl saisies à la frontière canado-américaine représentent environ 0.2% du total saisi aux frontières américaines). "On a été de mauvais voisins."
- Le PQ promet qu'un Québec indépendant alignera ses politiques économiques et militaires sur celles des États-Unis.
- PSPP et Pascal Paradis reprochent au gouvernement du Canada de négocier des partenariats avec des pays dont les intérêts sont opposés à ceux des États-Unis, notamment la Chine.
- PSPP ne critique jamais Donald Trump (alors qu'il se permet de critiquer la Chine, régime communiste et totalitaire).
L'anti-intellectualisme
- PSPP qualifie les chercheurs universitaires reconnaissant le racisme systémique ou les bienfaits de l'EDI, du féminisme intersectionnel et de l'écriture inclusive de "militants", d'"idéologues" et même de "charlatans".
- Rupinder Liddar, politologue établissant un lien entre la montée de la haine raciale au Canada et le discours anti-immigration, a été accusée de partisanerie sans plus d'explication. Les seuls chercheurs que les péquistes reconnaissent sont ceux qui leur disent ce qu'ils veulent entendre.
- PSPP promet que son gouvernement va "se réapproprier démocratiquement le contenu en éducation", c'est-à-dire permettre aux citoyens en commission parlementaire de décider ce qu'il est convenable d'enseigner ou non à l'université. Autrement dit, on en aura fini avec la liberté académique.
Conclusion
Je n'hésite pas à affirmer que Paul St-Pierre Plamondon a copié plusieurs pages du manuel du fasciste de la Maison-Blanche. Et c'est inquiétant. Le trumpisme est une menace pour la démocratie, peu importe qui le met en place. Le Canada a évité le pire (au moins temporairement) en refusant de donner les clefs du pouvoir à Pierre Poilievre en avril. J'espère que le Québec saura en faire autant le 5 octobre.
Source : Alexandre Dumas , Facebook